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Le gui, l’eau et le feu : sagesse végétale en temps de chaleur
Le gui, l’eau et le feu : sagesse végétale en temps de chaleur
J’espère que vous ne souffrez pas trop de la chaleur ! Nous surveillons les plantes de près en ce moment, et il se trouve que pour la très grande majorité, les plantes médicinales se portent à merveille malgré le manque d’eau (c’est assez inhabituel au Pays basque qu’il ne pleuve pas pendant aussi longtemps). C’est donc leur deuxième épreuve réussie après les orages à répétition.
Ça m’amène au sujet de la résilience des plantes. Il a été démontré, à travers des analyses de principes actifs, que plus une plante subit un stress, plus elle sera puissante au niveau de ses propriétés. C’est pour cela par exemple qu’une lavande qui aura poussé spontanément dans la garrigue, et qui aura grandi sans eau, aura un parfum très puissant, tout comme ses principes actifs. Les facteurs de stress peuvent être le manque d’eau, un vent trop fort, des orages… la plante en luttant va se renforcer et concentrer ses principes. Comme le dit si bien l’adage, “ce qui ne tue par rend plus fort”. J’ai donc incroyablement hâte de goûter les élixirs qui vont être élaborés avec nos récoltes 2025 (récoltes déjà bien entamées d’ailleurs !). Comme dans le vin où nous avons l’habitude des millésimes, nos plantes reflètent notre terroir. La notion de terroir est intimement liée au temporel, puisqu’elle englobe non seulement le sol mais aussi des facteurs changeant comme le climat. Nos extraits de millepertuis solarisés sont toujours exposés au jardin et ils ont subit orages + soleil intense + lune rouge. Ils vont bientôt être filtrés. Ça devrait être très intéressant et puissant au niveau des effets tout ça…
Nous avons quelques cultures un peu plus sensibles au manque d’eau, comme le Brahmi et le Gotu Kola. On a aussi planté du Gingembre, du Galanga et du Curcuma. Ce sont des plantes tropicales que l’on retrouve en Inde, au Costa Rica... L’année dernière elles se sont bien acclimatées car on a eu une année très pluvieuse. Le climat du Pays Basque leur sied bien : humidité et climat tempéré. Cette année, il faut les aider un peu en ce moment (Paysan Herboriste est un métier qui nous demande une grande capacité d’adaptation car les conditions de culture sont parfois très changeantes d’une année sur l’autre). Nous utilisons un ancien abreuvoir comme récupérateur d’eau de pluie, il est assez grand et il récupère les eaux de pluie de la toiture.
Le Gui, plante sacrée des druides
Cette semaine, focus sur une plante médicinale sacrée depuis le temps des Celtes, le Gui !

Par Henri Bergé — Fonds Henri Bergé, musée de l'École de Nancy, cliché de Claude Philippot.
Peu de plantes ont, au fil des siècles, cristallisé autant de symboles que le gui. Chez les anciens Celtes, cette plante qui pousse entre ciel et terre, sans jamais prendre racine dans le sol, était l’incarnation d’un lien sacré entre les mondes. Et lorsqu’elle choisissait un chêne comme hôte, chose rare, elle devenait divine.
Les druides la considéraient comme une émanation céleste, un don des dieux. Sa cueillette était entourée d’un rituel précis : le sixième jour de la lune, un druide grimpait dans l’arbre pour en détacher les rameaux avec une serpe d’or. Le gui ne devait jamais toucher terre, afin de conserver ses pouvoirs. On le recueillait dans un tissu blanc, avant de le déposer dans une coupe remplie d’eau pour obtenir une eau sacrée aux vertus curatives.
Le gui était vu comme une panacée : il guérissait les maladies, protégeait contre les poisons, favorisait la fécondité humaine et animale, et éloignait les mauvais esprits. Ses baies blanches, au suc visqueux, symbolisaient la vie naissante. Sa nature persistante (son feuillage ne disparaît pas en hiver) en faisait un symbole d’immortalité et de régénération.
Avec le temps, ces croyances se sont transformées en traditions populaires. Suspendu au-dessus des portes à Noël ou au Nouvel An, le gui est devenu un porte-bonheur, garant de prospérité et de paix. S’embrasser sous le gui est un geste hérité d’un monde où chaque plante portait encore la mémoire du sacré.
Dans certaines régions, brûler une branche de gui à Noël assurait une protection contre les maléfices pour toute l’année. Et dans la mythologie nordique, le gui est également au cœur d’un drame divin : c’est avec une flèche de gui que Loki tue le dieu Baldur. Sa résurrection sera le point de départ de la tradition du baiser sous le gui, gage d’amour et de pardon.
Le gui est bien plus qu’un simple ornement d’hiver. Il est une relique vivante de traditions anciennes, de croyances profondes, d’un monde où la nature était langage, et chaque branche, message.

Au cas où vous l’auriez manqué
Les plantes que l’on cultive cette année : Lien vers la vidéo
Le gui, plante sacrée des druides : Lien vers le post Instagram
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Alex & Marjorie.